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Euromarché, Foot au Menu, Procès de Guerre Euromarché
Christelle Chamberland: Ils étaient les héros de la Résistance française. Ils se sont battus pour la liberté; et puis ils ont dû repartir en guerre. Pour sauver leur nom cette fois-ci. La bonne cuisine et le bon football ne font pas toujours bon ménage. Voyons comment le pays de la haute cuisine a nourri les fans de la Coupe du Monde. Mais avant cela: Britanniques, prenez garde à l'euro! La monnaie unique a déjà envahi les plages de Dunkerque. La traversée de la Manche est inévitable. La monnaie unique ne peut plus reculer. En France, nous sommes déjà en train de fabriquer des millions d'euros. De tous les pays qui vont introduire l'euro, la France est celui qui prend la chose le plus au sérieux. Quatre-vingts villes à travers la France ont présenté la nouvelle monnaie à leurs habitants. Et le message pour les Britanniques est clair: l'euro approche! En fait, il est si proche qu'il est déjà arrivé sur ce qui est peut-être la plage la plus célèbre de l'histoire de la Grande-Bretagne. On ne peut pas être beaucoup plus près de la Grande-Bretagne qu'à Dunkerque. C'est d'ici qu'on avait évacué 200 000 troupes britanniques à travers la Manche en 1940. Aujourd'hui, la ville est le siège d'un exercice européen d'un tout autre genre. Bernard Hobert est le président de la chambre de commerce de Dunkerque qui a organisé l'expérience des euros. Il a commencé par distribuer des documents y compris chez le restaurateur Bernard Prin. Bernard Hobert: Un premier document qui présente l'opération, pour mettre à la connaissance des clients. Avec le visuel. Ici, les étiquettes pour le double-étiquetage. Une partie l'euro, et le franc. Toujours à la valeur de 6,50 pour l'euro. OK? (Pas de problème.) Christelle Chamberland: Tout le monde ne trouve pas la procédure aussi simple que cela. Mais pourquoi cet empressement alors que les gouvernements européens viennent juste de décider d'adopter l'euro? Bernard Hobert : C'est fait pour commencer à former l'opinion publique à utiliser cette monnaie. On aura 3 ans et demi au maximum pour commencer à utiliser cette monnaie. Christelle Chamberland: À Dunkerque, il y avait un véritable enthousiasme pour l'expérience des euros. Monique Vandenabelle, caissière principale au supermarché Monoprix, est allée chercher des euros pour une valeur de 5000 livres à la banque. En France, plus de 70% des personnes sont favorables à l'euro, comparé à environ 40% en Grande-Bretagne. Danielle Vandewalle tient une pâtisserie dans la ville. Elle est passée prendre des euros pour une valeur de 10 000 francs. Quand il s'agit d'étiqueter les prix, il y a une ou deux erreurs. Des gâteaux à 56 euros chacun - 360 francs! On peut être sûr qu'un pub de style anglais est plein de sceptiques, même s'il s'appelle «The European». Ils ne participent pas du tout à l'expérience des euros de Dunkerque. Homme 1: À Dunkerque, on a déjà pas mal d'étrangers. Des Anglais avec la devise anglaise, on a des Belges, des Allemands. C'est déjà assez compliqué comme ça. Homme 2: Comme d'habitude, on est toujours les premiers. On se lance toujours dans des trucs catastrophiques. On sait pas jusqu'où on va aller. Christelle Chamberland: En fait, les sondages montrent qu'en France, l'opinion en faveur de l'euro est en hausse. Il était temps de rejoindre le reste de la presse en route pour Bordeaux. J'ai demandé à notre ministre des Finances ce qu'il pensait de la politique d'attente des Britanniques. Dominique Strauss-Kahn: Il est normal que le gouvernement travailliste prenne du temps. Dans la construction européenne, les Anglais ont toujours attendu pour voir comment ça va fonctionner avant de venir les rejoindre. Les clubs pas inventés par les Anglais, ils attendent avant d'y rentrer. Une fois rentrés, ils essayent d'en changer les règles. C'est le charme de nos amis anglais. Christelle Chamberland: Le ministre se rendait à l'hôtel des Monnaies à Pessac. La télévision française était prête pour la retransmission en directe des premiers vrais euros jamais fabriqués. Le ministre était impatient de commencer. Journaliste : Attendez. Non, attendez. Non, non, non... Dominique Strauss-Kahn: On y va. On appuie sur le bouton. Hop, le premier sort. Journaliste: Pour la première fois, et c'est historique, vous allez voir une pièce d'euro. Dominique Strauss-Kahn : Voilà, le premier euro français sort. C'est le premier en Europe. Journaliste : Alors, heureux?: Dominique Strauss-Kahn: Oui, comme vous le savez, il y a une face française et une face européenne. Nous serons plus fort en Europe parce que c'est européen. Mais nous restons français. Christelle Chamberland : Ce sont les premiers euros jamais fabriqués, c'est un vrai moment historique. À Dunkerque, le rideau se lève sur sa propre expérience des euros. Àla pâtisserie, Danielle Vandewalle calcule le prix d'une petite boîte de gâteaux en euros. Danielle : Alors, en francs, ça vous fait 40,50, et en euros, ça vous fait 260. Christelle Chamberland: 260 euros, ça fait 1700 francs. Il y a sûrement une erreur. Danielle: 26 euros. Cliente : Alors ça fait? Danielle : Ça vous fait 40 francs, ce qui représente15 euros. Donc, je vais vous rendre 9 euros. ... Ni le samedi ni le dimanche parce que vais attraper une crise. Donc, ça fait 15 euros.: Cliente: Il faut calculer combien 100 francs ça fait d'euros. Danielle: Non, ça va pas. Je suis perdue. Christelle Chamberland: Au supermarché Monoprix, on tente une approche moins ambitieuse. Pour commencer, on utilise les euros en démonstration. Caissière: Ça, c'est un euro, ça, c'est 2 euros. Christelle Chamberland: Monoprix met le nouvel euro en valeur, mais trouve que pour certains clients, l'expérience est trop difficile. Caissière : Les personnes âgées sont plus réticentes. Elles ont eu les anciens et les nouveaux francs. Pour elles, c'est plus compliqué. Dans l'ensemble, les jeunes acceptent facilement. Christelle Chamberland: Sur la célèbre plage, le président de la chambre de commerce pense que la Grande-Bretagne cédera bientôt à l'euro. Bernard Hobert : On sait que beaucoup de Britanniques sont interessés au niveau des entreprises. Au niveau bancaire, ils sont obligés d'intégrer l'euro déjà, donc ça viendra. En France, on a l'habitude maintenenant de ce que font les Britanniques. Christelle Chamberland: Au bout de deux semaines, la chambre de commerce de Dunkerque déclare sans surprise que l'expérience des euros a été un franc succès. Désormais, il ne reste plus qu'un petit pas à faire par dessus la Manche.
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